Je ne suis pas retournée en cours .A cette heure là Julie est déjà dans l'avion ,elle m'a déjà envoyé deux sms auxquels je n'ai pas encore répondu ...
Je regarde mon portable «Léa ne t'en fais pas tout ira bien ,je ne t'en veux pas pour hier soir .bisou .n'oublies pas ,même au bout du monde... »
Et l'autre datant d'il y a cinq minutes .
« Je me fais beaucoup de soucis pour toi ,appelles-moi s'il-te-plaît » .
Le fait qu'elle se fasse du souci pour moi m'incita justement à ne pas l'appeler.
Si c'était pour qu'elle devine à ma voix rauque et endormie que j'allais mal et que rien ne pourrait aller en s'arrangeant ,non.
Je suis plutôt du genre à me faire souffrir plutôt qu'infliger ça aux autres.
Le volcan s'est réveillé et que ce soit à l'intérieur comme à l'extérieur , rien ne paraît ,rien ne va.
Il est maintenant midi dans l'appartement endormi ,le parquet grince de temps à autre mais sinon tout est calme .Trop calme. J'ai besoin de sentir la vie autour de moi. Je regarde par la fenêtre ouverte les gens vivrent .Cet inconnu avait raison ,un jour ou l'autre j'allais devoir m'impliquer .
Je vais dans le salon ,LE salon avec son parquet brillant ,avec ses meubles restaurés qui valent une fortune ,son tapis persan ,son vase de chine bref sa profusion de luxe ,de raffinement et d'argent brodé .Tout ce que mes parents arbore avec distinction et que je déteste plus que tout.
Je préfère aller me réfugier dans ma chambre ,qui est plus dans l'esprit décadence et rock'n roll ...des posters des The Who , des Clashs , des Rolling-stones recouvrent les murs , mon lit double défait ou la couette se bat avec les coussins pour survivre . Mon bureau fait face à mon lit et à la fenêtre ,il est entièrement recouvert de post-it , de manuels et de livres .Le rangement n'a jamais été ma tasse de thé je dois dire mais de toute façon j'aime cet espace survolté qui différencie mon sanctuaire du reste de l'appartement ou règne l'ordre et la propreté . La femme de ménage qui passe tous les jeudis a la stricte interdiction de rentrer dans ma chambre, ici c'est mon île .
Je met le cd des Arctic Monkeys à fond ça résonne dans tout l'appartement ,le son se heurte aux murs alors comme pour le libérer j'ouvre toutes les fenêtres .
Mes voisins ? j'adore les faire criser ,selon eux le monde tourne autour de leur personne et moi ,je les détrompe tout simplement.
Plusieurs plaintes ont déjà été déposées ,mon père s'en est chargé point final.
Je danse comme une folle ,je hurle ,je me libère de toute cette frustration contenue ,de mon mal . Je vie .
Il est quatre heure ,je suis réveillée par la sonnette de l'interphone ,j'ai du m'endormir ,le cd lui s'est arrêté de tourner .
« Allô réussis-je à articuler ,la voix encore empâtée de la nuit passée .
-Lala c'est moi guillaume ,je peux monter ?
-Oui je t'ouvre. »
Il doit être venue aux nouvelles ,je suis vraiment trop nulle de ne pas l'avoir prévenu ,je ne le mérite pas .
Des coups.
Je lui ouvre ,il hésite à rentrer ,reste sur le pas de ma porte .
Je le prends alors par la main et l'emmène au salon ou l'on s'assoient tous les deux sur le canapé.
Il me regarde bizzarement .
« Léa qu'est-ce qui se passe ? j'étais inquiet tu sais ,déjà hier maintenant aujourd'hui....tu as des problèmes ? me demande-t-il alors l'air grave.
-Non mais Julie a déménagé en Angleterre et hier c'était notre journée d'adieu .
-Je suis désolé ...Si j'avais su ...Très vite cependant son côté soupçonneux repris le dessus : « et pour aujourd'hui pourquoi n'est-tu pas venue ? m'interroge-t-il
-Disons que j'ai eu assez de fêtes hier soir pour tout un mois.
Il comprit et n'ajouta plus rien . Nous étions devenu pendant ces 2 mois de séparation deux inconnus l'un pour l'autre et je me doutais qu'il en pensait autant. Je décidais donc d'abréger nos souffrances « Ecoutes guillaume ,ça ne sert plus à rien de se voiler la face.
-De quoi parles-tu ?
-De nous deux ,je pense qu'il vaut mieux que nous restions amis.
-Mais..
Je le coupais .
-On est devenu indifférent voir blasé de cette relation qui n'en est plus une ,si cela continu on va finir par se détester et je ne veux plus revivre nos disputes interminables dû en principal à des broutilles insignifiantes .
-Ok . »
Et il parti ..J'étais donc de nouveau seule ,sans petit copain ,sans bouée de secours .Sans espoir .
La fin d'après-midi passa vite .
Vers 20 heures je mangeais . Ce soir j'étais bien décider à sortir et en profiter pour tout oublier.
Je me préparais donc pendant une heure ,j'optais pour une robe noire décolleté dans le dos qui m'arrivait juste au-dessus du genou ,une pute voilà à quoi on pouvait s'attendre en me voyant ainsi . Les yeux maquillés par du mascara et de l'eye liner ,la bouche peinturlurée de brillant ,les cheveux noirs lachès en cascade dans mon dos et mon parfum acidulé . J'étais une autre mais ,me sentais étrangement à l'aise .
Je partis donc sur les grands boulevards et décidait d'aller au « Soap »boîte de nuit connue de réputation ou le tout Paris se pressait dès la nuit tombée. Je ne sais pas si vous avez déjà apprécié le spectacle de Paris la nuit ,moi je ne m'en lasse pas ,la Tour Eiffel illuminée ,les troquets et bistrots animés ,la Seine qui coule silencieuse et discrète.
J'arrivais enfin à la boîte ,le videur ne me demanda pas mon âge ,une chance ? non. J'étais juste habillée de circonstance contrairement aux gens qui patientaient encore dans la file , faute de popularité ,d'argent et de relation .De plus ,récemment j'avais fais la couverture d'un magazine avec mes parents .C'était le conseiller en image de mon père qui lui avait suggéré l'idée afin de mettre en avant son côté père de famille aimé. Aucun des 2 n'étaient malheureusement vrai .
J'étais maintenant repéré comme étant la fille du grand Tom Bachert ,le géant des multimédias et de l'industrie cinématographique . Une jeune millionnaire .
Je me dirigea vers le bar pour commander un remontant et ainsi commencer cette soirée que je voulais prometteuse.
Un homme m'accosta avant ,il était passablement éméché et je n'avais pas exactement la patience et la politesse requise pour l'envoyer promener en douceur : «Salut ma jolie ,dis tu voudrais pas qu'on aille dans un endroit plus intime »il ponctua sa phrase d'un de ces petits rires gras dont seuls les lourdauds en manque ont le secret .
« Non mais j'ai une suggestion pour toi rentre chez ta maman il est tard , demain tu diras à ta femme que tu regrettes tes conneries et tu retrouveras peut-être une vie digne d'intérêt »
Il écouta mon discours sans broncher ,l'air hagard , puis ayant visiblement trouvé une autre victime potentielle il me laissa.